Géolocaliser les véhicules de ses salariés : ce que dit la loi
Équiper sa flotte de boîtiers est simple. Le faire sans s'exposer l'est moins :
la géolocalisation des véhicules conduits par des salariés est l'un des traitements
les plus encadrés du droit français.
Le point le plus souvent ignoré : ce n'est pas le consentement du
salarié qui rend le dispositif licite. Un consentement donné dans une relation de
subordination n'est pas considéré comme libre — le recueillir ne protège donc pas
l'employeur. Ce que la loi exige, c'est une information préalable démontrable.
Une finalité précise, et rien d'autre
Un dispositif de géolocalisation doit répondre à une finalité déterminée : sûreté des
biens, optimisation des tournées, facturation d'une prestation, suivi du temps de
travail lorsqu'aucun autre moyen n'existe.
Ce qui est proscrit, c'est la surveillance permanente et l'usage détourné : contrôler
en continu les déplacements d'un salarié, ou réutiliser les données à une autre fin
que celle annoncée. C'est sur ce terrain que se jouent les contentieux.
Les obligations avant la mise en service
1
Consulter les représentants du personnel
Le comité social et économique doit être informé et consulté avant la mise en place du dispositif.
2
Informer chaque salarié individuellement
Finalité poursuivie, données collectées, durée de conservation, destinataires et droits de la personne : l'information doit être écrite et vous devez pouvoir prouver qu'elle a été délivrée.
3
Inscrire le traitement au registre
Le traitement figure au registre des activités de traitement, avec une analyse d'impact si le dispositif est étendu ou intrusif.
4
Permettre la désactivation hors temps de travail
Lorsque le véhicule peut être utilisé à titre personnel, le salarié doit pouvoir se soustraire au suivi en dehors de son temps de travail.
Les trois erreurs qui exposent l'employeur
Suivre les trajets privés
Un véhicule utilisable à titre personnel implique des déplacements privés. Les
suivre, même sans les exploiter, constitue une atteinte à la vie privée. La
distinction doit être effective, pas déclarative.
Conserver les données indéfiniment
Les durées de conservation doivent être limitées à ce qui est nécessaire.
Conserver des historiques de déplacement pendant des années, sans justification,
est un manquement caractérisé.
Ne pas pouvoir prouver l'information
Une note affichée en salle de pause ou un courriel collectif ne suffisent pas.
En cas de litige, c'est à l'employeur de démontrer que chaque salarié concerné
a été informé.
Comment Operium traite le sujet
La plateforme intègre ces obligations plutôt que de les laisser à votre charge :
information des salariés recueillie et conservée de façon démontrable, protection
effective de leur vie privée, conservation limitée des données, et possibilité pour
chacun d'exercer ses droits.
En cas de contrôle ou de contentieux, vous produisez vos preuves sans les reconstituer.
Cette page présente les grands principes applicables et n'a pas valeur de conseil
juridique. Pour une situation particulière, rapprochez-vous de votre conseil ou de
votre délégué à la protection des données.
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